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Jeudi 2 avril 2020 – Jour 17

2 comments

Et voilà, le soleil est revenu en même temps qu’une hausse modeste de la température. On en profite donc pour faire une petite lessive, du ménage et quelques courses. Pour la première fois aujourd’hui, je commence a sentir l’effet d’isolement du confinement. Comme je suis toujours sans permis de conduire, je ne peux pas aller faire les courses, mais quand je vois les autres s’échapper une ou deux heures pour aller au ravitaillement, j’ai parfois de courtes envies de voir un peu de monde, même si, distanciation oblige, les contacts sont forcément très limité. J’aime beaucoup les deux chats qui vadrouillent autour de la maison, mais je commence à bien les connaitre. Un coup d’oeil me suffit maintenant pour évaluer leur humeur du moment, s’ils viennent de manger ou s’ils émergent d’une sieste prolongée. La vie d’un chat n’est pas extraordinairement trépidante, mais par moments je les envie. Manger, boire, dormir, jouer avec un papillon ou une souris, regarder les oiseaux d’un oeil gourmand sont à peu près les seules activités disponibles quand il ne reste pas des heures immobile devant un trou en attendant que Jerry sorte prendre l’air. Et il parait qu’ils n’ont aucune notion du temps qui passe, les bienheureux.

Je me fais un peu l’impression d’être dans le même mouvement, si on peut appeler ça du mouvement. J’ai découvert des trésors visuels cachés rien qu’en me déplaçant d’un mètre. En temps normal je ne me serais jamais amusé à ce genre d’exercice, mais au bout de 17 jours, n’importe quel changement, n’importe quelle modification des habitudes ou de la routine est bon à prendre. Tiens, aujourd’hui, je regarde les lessives sécher. Si si… Eh bien en observant les mouvements du linge sur les fils, j’arrive à en déduire les caprices du vent, la manière dont il tournoie entre les arbres, barrières, renfoncements et murets qu’on a tout autour de nous. Passionnant, je vous dis ! Bon, je ferais peut-être pas ça toute la journée, mais ça occupe un moment, le temps que la pâte à gâteau soit prête. Parce qu’on s’est lancé dans la pâtisserie, par ici. Délicieuses tartes aux fruits, divins moelleux au chocolat, brownies ou madeleines maison, on a ou on va essayer plein de choses. Sans parler du pain ! Des années que j’ai envie de faire mon pain, eh bien c’est l’occasion ou jamais.

Sinon, je continue à faire très attention aux heures que je passe sur Internet et essaie de vraiment me limiter à l’essentiel. Heureusement qu’il y a encore pas mal de publications humoristiques, parce que certaines infos sont tout simplement désespérantes. On a pu voir que des gens mettaient spontanément des logements vacants à disposition des soignants, soit gratuitement, soit à des tarifs vraiment préférentiels. Ces actions m’ont touché, ému, je les salue avec grand respect et profonde reconnaissance. Malheureusement, tout le monde n’a pas cette généreuse mentalité. Ainsi ces deux infirmières qui se sont vues signifier qu’elles étaient indésirables dans les immeubles où elles vivent. La première a eu droit à un mot anonyme dans sa boite aux lettre, lui demandant d’aller habiter ailleurs, la seconde a carrément été foutue dehors par ses propriétaires ! Comment ? Simple, ils lui ont coupé l’eau chaude et le chauffage, la forçant à partir, elle et son compagnon ! 

Franchement, ce n’est pas mon style de souhaiter du mal aux gens, mais là, j’espère que ces rats d’égouts (les vrais rats voudront excuser cette comparaison peu flatteuse pour eux) attraperont cette saleté de virus et qu’on les laissera crever sur le trottoir devant l’hôpital la bouche ouverte ! Et ensuite directement sur le tas d’ordures, à leur juste place. Ou éventuellement incinérés et utilisés comme engrais, histoire qu’il servent tout de même à quelque chose d’utilité publique. Une chose est certaine, s’ils étaient déjà de ce monde en 1941, ces braves citoyens n’étaient sans doute pas dans la résistance, mais avaient plutôt leur rond de serviette à La Carlingue. 

Je veux bien que la peur et l’angoisse peuvent amener certains à des comportements irraisonnés et hors norme, mais il y a tout de même des limites. Lorsque des gens vont chaque jour se mettre en danger pour sauver leurs semblables, peu importe la trouille qu’on peut ressentir de son côté, on fait tout pour les soutenir et les aider. Oserait-on traiter de cette façon des soldats qui reviennent malades du front après s’être battus comme des fous pour notre sécurité et notre liberté ? Poser la question est y répondre. Et sinon, autre motif de désespérer de notre humanité bancale, la guerre des stocks de masque et de matériel médical se poursuit, certains pays continuant à bloquer et réquisitionner des stocks en transit qui ne leur sont pas destinés. Là aussi, on peut comprendre le réflexe si humain qui surgit en arrière-plan, mais si l’humanité ne décide pas rapidement de faire front commun quelle que soit la culture, la langue ou la religion, alors nous aurons creusé notre propre tombe et ce ne sera que justice. Tout le monde n’est pas habité par le sens du sacrifice, mais là, c’est une question de simple décence. 

Et ce sera tout pour aujourd’hui, à demain 

On aimerait pouvoir en rire, ça me donne simplement envie de pleurer.

  1. Marianne Egger says:

    Il y a des coups de pieds au culs qui se perde, et je suis polie !

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