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Lundi 23 mars – Jour 7

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Et le 7ème jour, il se reposa. Voilà, aujourd’hui, nous bouclons notre première semaine de confinement. Honnêtement, compte tenu de ma vie ces 5 dernières années, je ne perçois pas, à titre personnel évidemment, de grande différence avec ma vie habituelle. Certes, il y a de petites choses qui relèvent surtout du confort qui ont changé, notamment le rythme auquel nous faisons les courses, le fait que nous ne pouvons pas nous déplacer librement, mais ce sont vraiment des détails pour le navigateur que je suis devenu. Habitué à devoir m’organiser différemment en vivant sur un bateau, j’ai simplement un peu plus d’espace à disposition ici que sur Azymuthe, aussi confortable soit-il. En voyage, il faut penser à tout avant de partir, parce qu’une fois au large, pas question de dire, oh zut, on a oublié le pain ou le beurre, ou de faire remplir les bonbonnes de gaz. 

Ici, tout se passe très bien, nous sommes détendus et sereins ou presque, quelques nouvelles alarmantes venues de Suisse me gardent sous tension, mais j’imagine bien que je ne suis pas le seul et que c’est le lot de quantité de gens dans le monde. Sans parler de ceux qui ont déjà perdu des proches et des êtres chers. De toute façon, personne n’a le choix, tout le monde doit faire avec. Nous verrons donc bien comment cela évolue. Je continue de suivre la progression chiffrée de l’épidémie sur le site de l’université John Hopkins et comme je ne souhaite pas encombrer mes chroniques avec des tableaux, des chiffres et des statistiques, je vais dédier une page spéciale à ce sujet, page que je mettrais à jour tous les deux jours à peu près. Au passage, depuis mon coup de colère d’il y a deux jours, prendre conscience que la Suisse a vu son nombre de malades passer de 6’113 et 58 morts à 8’547 malades et 118 morts ! En 48 heures, nous comptons 2’400 malades de plus et le nombre de victimes à doublé ! Je ne sais pas comment nos Conseillers fédéraux dorment, à leur place je deviendrai insomniaque ! Et toujours aucune décision de tests à grande échelle dans le pays. Je ne reconnais plus mon pays, d’ordinaire si méticuleux, si prudent et si avisé. 

Pour la petite histoire, je m’en suis pris à notre ministre de l’intérieur Alain Berset il y deux jours, mais j’ai depuis appris qu’il est, avec sa collègue Karin Keller-Sutter le seul qui était pour un confinement strict et obligatoire de la population suisse. Pour les Français qui me lisent, il convient de préciser qu’en Suisse les décisions gouvernementales sont prises collégialement et que donc la majorité l’emporte. Ensuite, chaque responsable de département (ministère) annonce publiquement la décision collégiale, même si celui ou celle qui va devant la presse était minoritaire. C’est ce qui est arrivé à M. Berset. La collégialité est une règle sacro-sainte du gouvernement. Malheur à celui ou celle qui essaie de la jouer perso et donc dire ou laisser entendre publiquement qu’il ou elle n’est pas d’accord avec la décision prise collégialement. L’extrême-droitier Blocher l’a expérimenté il y a quelques années et n’a pas été réélu par l’Assemblée fédérale à l’issue de son premier mandat. Ça peut paraitre bizarre, mais en Suisse, c’est une humiliation politique ! Nos ministres (Conseillers fédéraux) sont systématiquement réélus tous les 4 ans et ce sont eux qui en général décident du moment où ils se retirent. 

En ce 7ème jour de confinement, je suis un peu remonté dans le temps et suis retombé sur des images qui, jusqu’à un certain point, illustrent l’évolution de mes ressentis depuis que l’épidémie a commencé à devenir difficilement contrôlable. De l’insouciance à une certaine appréhension, avec l’humour toujours en filigrane, je vais reprendre ces images et les commenter brièvement.

J’ai utilisé à plusieurs reprises cette image pour tenter de relativiser la panique que je sentais monter sur les réseaux sociaux. A mons sens, elle reste valable, il est impératif de prendre du recul sur ce qui est en train de se passer, sinon nous allons tous devenir dingues et commencer à dire et faire n’importe quoi.

Dans le même genre, celle-ci a eu un franc succès ! 

Celle-là, je l’adore, je l’ai postée bien des fois pour me moquer des conspirationnistes ou des catastrophistes qui prenaient un malin plaisir à jeter de l’huile sur le feu. Si les premiers la méritent toujours, force est de constater que les seconds avaient eu la bonne intuition. Puis nous avons eu les premières rumeurs de confinement qui ont entrainé la ruée sur les produits de première nécessité, en particulier les pâtes (là, je comprends) et le papier de toilette (là, je reste encore et toujours sidéré !)

Lorsque je suis tombé dessus, j’ai rigolé pendant une demi-journée à chaque fois que j’y repensais. Une des meilleures que j’aie trouvé concernant la folie furieuse qui s’est emparée des gens à l’annonce d’un possible confinement.

Cet excellent montage illustre la démesure et l’irrationalité qui s’est soudain emparée des consommateurs.

Je suis dit que si les acheteurs ayant perdu tout sang-froid trouvaient leur logement cambriolé en revenant du supermarché, ce ne serait que justice.

Démentiel ! On notera tout de même que le « sculpteur » de PQ a eu la bonne idée de laisser libre le mécanisme de déclenchement de la chasse d’eau.. 

La réalité du confinement s’installe, voici une des affiches qui implore aux gens de rester chez eux. Il y en a eu plusieurs déclinaisons, j’aime beaucoup celle-ci que je trouve sobre et rassurante, tout en illustrant déjà une idée de solitude et d’isolement.

Le confinement est effectif, mais pas pour tout le monde. Nos amies les bêtes peuvent commencer à faire la fête, elles sont, avec la planète, les grandes gagnantes de l’épidémie. 

Ensuite des déclarations martiales d’E. Macron (“nous sommes en guerre”) qui rappellent un peu celles de Bush Jr au lendemain du 11/9, les dessinateurs s’en sont donné à coeur-joie. Je vous livre celle que je préfère.

Le navigateur que je suis adore cette image, un petit clin d’oeil au paquebot de croisière « Diamond Princess » qui fut alors mis en quarantaine avec une colonie de petits vieux à toussant et crachotant à son bord.

Toujours à propos du confinement, les risques d’aller faire les courses pour toute la famille. Koh-Lanta ou gravir l’Everest c’est de la petite bière. Les Reinhold Messner, François Gabart ou Mike Horn n’ont qu’à bien se tenir, il est devenu nettement plus tendance et héroïque d’aller acheter une livre de beurre à la supérette du coin que de traverser l’Atlantique à la rame ou mener une expédition au coeur de la forêt amazonienne. 

L’image qui m’a le plus bluffé ! La pollution atmosphérique due à l’activité humaine et industrielle a presque complètement disparu en un mois. Il a y a eu également les merveilleuses images des eaux transparentes de Venise ou celle des dauphins dans un port de commerce sarde. 

Dans le même ordre d’idées, certaines vérités vont faire grincer des dents, en particulier celles des lobbies de l’énergie fossile et nucléaire. Mais je dois être pessimiste, parce qu’une fois l’épidémie derrière nous, la priorité sera sans doute de se dépêcher de réactiver l’ancien modèle néo-libéral et de relancer la mondialisation. C’est dommage, parce que la Covid-19 nous offre probablement une opportunité en or de penser à nouveau modèle économique tenant compte de l’urgence climatique.

Qui dit confinement, dit aussi cohabitation avec les enfants privés d’école. Cette plaisanterie qui n’en est pas vraiment une a été déclinée en multiples versions, je vous livre celle que je trouve la mieux résumée. J’ai une pensée pour les profs qui, même empêtrés dans des télé-cours compliqués à mettre en place, vont pouvoir se détendre pendant quelques semaines. 

Dans la France confinée, il faut montrer patte blanche pour sortir de chez soi et ne pas oublier l’attestation personnelle à présenter en cas de contrôle. Il y a sans doute quelque chose qui m’échappe, mais comme n’importe qui peut rédiger sa propre attestation de sortie, je ne vois pas l’intérêt de la mesure. Les propriétaires de chien ont un avantage certain sur les propriétaires de canari ou de hamster. Depuis que le confinement est entré en vigueur, nos amis à quatre pattes n’ont jamais autant pris l’air. 

Personne n’est dupe, mais les pouvoirs publics préfèrent y aller par étapes. Ainsi, alors que personne ne doute que le confinement va durer au minimum 6 semaines, on a préféré y aller doucement en annonçant une durée de 15 jours. Ça donne également aux Français une occasion de plus de râler quand, mardi prochain, le président annoncera que finalement le confinement est prolongé. 

La recherche scientifique est sur les dents en vue de nous créer un vaccin. 

Une image que je ne pensais jamais voir dans une Europe de Schengen. Les petites frontières sont bouclées, on ne passe plus. Et visiblement, les contrôles sont sévères et assidus. Il s’agit ici de la douane de l’Auberson à la frontière entre Pontarlier et Ste-Croix. Il n’est plus possible d’aller chercher sa baguette et ses journaux aux Fourgs, ni (pour les Suisses) d’aller remplir le coffre de la voiture de produits bon marchés à Pontarlier. Ce sont les commerçants suisses qui retrouvent des couleurs dans la région.

Je vous en livre une parmi d’autres, ce genre de publications sur les réseaux sociaux m’ont beaucoup ému. Je trouve formidable ces élans de solidarité avec celles et ceux qui sont en première ligne et ne relâchent pas leurs efforts pour que nous puissions revenir le plus vite possible à une certaine normalité. Bravo à celles et ceux qui ont eu ce réflexe.

Pour rester dans l’immobilier. Pour mes amis français qui ne connaissent pas la Suisse, remplacez la localité du Locle par Bruxerolles ou Vernouillet.

Celle-ci, je l’adore ! Où quand l’incivisme égoïste des citadins se retourne contre eux. Au rang des choses que j’espère voir émerger à la suite de l’épidémie, c’est une meilleure solidarité des européens envers les migrants et réfugiés qui fuient les atrocités de la guerre ou la répression d’un état totalitaire. Je sais que ce n’est pas gagné et que beaucoup de celles est ceux qui sont opposés à l’accueil humanitaire tiendront sans doute le discours de « nous avons déjà bien assez à faire avec nos précaires (dont le nombre va augmenter, c’est certain) sans encore en rajouter qui ne parlent pas la langue et ne sont pas de notre culture ».

Celle-ci, elle est pour les cinéphiles de ma génération. 

Et enfin pour terminer une image de notre premier repas de confinés. Asperges vertes sautées avec brocolis et échalotes, fromage de brebis frais et oeufs pour les protéines. Les fleurs de bourrache, c’est pour la couleur, et oui, ça se mange et si ce n’est pas très goûteux, c’est très bon.

Voilà, en ce 7ème jour, moins de texte, plus d’images, ça change. Et ce sera tout pour aujourd’hui, à demain.

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