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Mardi 31 mars 2020 – Jour 15

3 comments

J’ai abordé la problématique des anciens face au Covid-19, comorbidité souvent importante, fragilité et vulnérabilité due au vieillissement, isolement ou encore solitude. De l’autre côté, il y a les jeunes, les enfants, les ados et les jeunes adultes. On a pu voir qu’au début de l’épidémie, de nombreuses informations indiquaient que les jeunes étaient quasi à l’abri du virus et que s’il l’attrapaient, la plupart étaient des porteurs sains ou avec des symptômes très légers. J’imagine qu’il n’est pas simple de devoir expliquer à un enfant qu’il ne peut plus jouer avec ses petits camarades à cause des risques de transmission/propagagtion, surtout si le risque de tomber malade est proche de zéro, avec évidemment des exceptions qui comme pour le reste de la population sont liées à des facteurs aggravants. Avec les ados et les jeunes adultes, ça devrait être plus simple, mais pas vraiment. Je me disais ce matin que je vivais cette épidémie et le confinement au filtre de mon expérience de vie et de mon bon demi-siècle d’existence. Donc selon un principe de précaution élémentaire pour éviter d’attraper le Covid-19 et surtout éviter de le transmettre plus loin en cas de contamination. Je reconnais aussi que je fais partie de celles et ceux qui se sont énervés (et s’énervent encore) quand on voit l’insouciance ou l’égoïsme de certains, et oui, des jeunes en particulier.

Puis j’ai rembobiné un peu et je me suis revu à 18-20 ans. Et là, tout change, en particulier le rapport qu’on entretient à la mort et surtout à sa propre mortalité. En clair, à 18, 20 ou 25 ans, en bonne santé, en pleine forme et un vaste avenir devant soi, on est tout simplement immortel ! Enfin, on sait bien qu’on ne l’est pas, mais on vit et on fonctionne comme si c’était le cas. C’est en prenant de la bouteille qu’on commence à percevoir les choses différemment et qu’on prend de plus en plus conscience de la préciosité de la vie, de son caractère unique et surtout très éphémère. Le danger est une abstraction pour un jeune qui se découvre et cherche des sensations fortes. En revanche, passé le demi-siècle, avec quelques petits soucis de santé dûs à l’âge qui s’installe gentiment, on prend moins de risques, on commence, mais pas toujours, à écouter les conseils de son toubib et plutôt que d’aller en Syrie pour faire des images de la guerre, on préfère aller se prélasser quinze jours sur une plage brésilienne. Enfin, actuellement, ce serait plutôt quinze jours dans son salon. 

Les geeks ne seront sans doute pas d’accord, mais à 20 ans, on ne tient pas en place, il faut sortir, bouger, voir les potes, s’amuser, faire du sport, passer du temps avec son petit copain ou sa petite amie, sortir en boîte, bref, vivre ! Alors qu’on a toute la vie devant soit, on avance souvent avec la frustration de ne pas trouver assez de temps pour faire tout ce qu’on voudrait. Entre 20 et 30 ans, je rêvais de journées de 72 heures et si je les avais eues, j’en aurais demandé le double. Donc, resté confiné à cause d’une nanobêbête qui ne s’attaque a priori qu’aux vieux et aux déjà malades, laissez-moi rire ! Dans les années 80, on aurait probablement mis sur pied des soirées Covid en proposant des breuvages exotiques aux couleurs fluo tout en dansant à poil autour d’un feu géant en écoutant « Highway to Hell » et « Stairway to Heaven » à coin. Les contrôles de police ? Tiens, fume c’est du belge ! Immortels, je vous dis ! Et oui, ç’aurait été totalement stupide, inepte et inconscient, pour ne pas dire irresponsable. 

C’est pourtant ce que font les jeunes ces temps. Sachant que le confinement allait être effectif, ils ont organisé des super bastringues où on le sait, on ne boit pas que du lait, on ne fume pas que du tabac et on ne prend pas que de l’aspirine. On se désinhibe et c’est parti pour les bêtises, pour rester poli. Faire la fête, réflexe normal que chacun a face à un changement important. Les enterrements de vie de garçon et de jeune fille, les fêtes avant de partir à la guerre ou d’aller s’installer à l’autre bout du monde sont des choses normales, humaines et socialement nécessaires. Sauf que là, les choses ont vraiment changé et je doute qu’on retrouve nos petites habitudes quand la situation d’urgence aura disparu. Plus la pandémie durera, plus ces changements seront profonds. Relations humaines, voyages, loisirs, travail, santé, consommation, pas mal de choses devraient être durablement modifiées à l’avenir. Le Covid risque de changer nos vies comme le sida a bouleversé notre sexualité il y a bientôt 40 ans. 

Seulement voilà, chers « immortels », il est temps de siffler la fin de la récréation. Parce que finalement, même si vous êtes bien moins vulnérables au virus que vos ainés, eh bien le Covid-19 commence également à faire des dégâts dans votre tranche d’âge et certains d’entre-vous l’ont déjà payé du prix ultime, leur vie. Les plus chanceux s’en sortiront sans séquelles quand d’autres traineront problèmes respiratoires et insuffisance pulmonaire pour le reste de leur vie. Un jeune Californien est mort à 19 ans parce qu’il n’avait pas d’assurance, d’autres sont décédés ou sont en train de mourir à l’hôpital à cause du virus parce qu’ils se sont vraisemblablement contaminés lors de grandes fêtes, avant et depuis le début du confinement. La plupart ne présentaient pourtant aucun signe de comorbidité. Je n’ai pas de leçons à vous donner, mais le Covid finira par passer, donc soyez prudents, soyez patients et respectez les consignes. Si vous ne le faites pas pour vous, pensez un instant à celles et ceux que votre comportement risque de mettre en grand danger. Notre liberté s’arrête là où commence celle des autres.  

Et ce sera tout pour aujourd’hui, à demain.

Un éclat de rire pour terminer ce billet

  1. On m’a écrit ceci aujourd’hui, et que voulez-vous faire contre ce genre de raisonnement ?
    …surtout que tout cette affaire du coronavirus ça me ressemble quand même bizarre, si c était vraiment si mortel cet virus, la moitié de la population terrestre serait déjà morte. Je pense plutôt (du moins en Italie) que la chose qui rends vraiment mortel ce virus c’est le manque des infrastructures pour soigner les gens, c’est la raison pour la quelle on est a la maison
    Il a atteint les aînés et le gens avec des pathologies déjà présentes, c est la raison pour la quelle la Hollande continue sa vie normalement et est plus sûre que des autres pays, même si on sais pas lesquels …
    Depuis qui est sorti, l’affaire covid-19, on est plus au courant de rien sauf que de ça…. et pourtant il y aurai tellement de chose qui arrivent au même temps dans le monde et peut-être pires.
    Une gamine de 18-25 ans ? Que néni, une femme de 45 ans !

    • Oui, il y a des gens qui seront impossible à convaincre, ça fait partie du jeu. Ici, c’est 135.-€ d’amende si on chinde le confinement et 1500.-€ en cas de récidive dans les 15 jours. Un argument parlant pour celles et ceux qui ne veulent pas comprendre. 😉 Belle soirée.

  2. Marianne Egger says:

    Ce n’est malheureusement pas d’actualité en Suisse, sans quoi..Les suisses sont très près de leur porte-monnaie, chez nous, c’est “touches pas à mon fric!” Dès qu’un politicien, quel que soit son bord, prononce le mot argent, la réaction est immédiate: “ça y est, encore un nouveau truc pour nous pomper du blé” et ce avant même de savoir de quoi il va nous parler ! Les pandores, la police, la gendarmerie circule, mais si ce n’est pour des ouvertures illégales de troquet, pour des rassemblement festifs, ce qu’ils ne peuvent pas louper tellement c’est gros, ils ne sévissent pas plus que lorsqu’ils contrôlent la validité des tickets de parking !

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