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Vendredi 10 avril 2020 – Jour 25

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Journée un peu étrange où se sont mélangés plusieurs sentiments contradictoires entre mélancolie, joie et satisfaction. Mélancolie à l’idée que le confinement est loin d’être terminé et en me demandant de quoi sera fait demain, sorte de spleen où l’excitation de pouvoir bientôt reprendre la mer, voir mes proches et commencer une formation de massage est submergée par l’image d’un monde défait où la misère et la pauvreté domineront le futur social de l’Europe. Tristesse finalement d’être de plus en plus persuadé que non, nous ne retiendront rien ou presque de ce que nous vivons actuellement. Déçu de constater qu’aucune réflexion sur un autre modèle socio-économique n’émerge dans les cercles dirigeants, que ce soit au niveau politique, économique et financier. Au contraire, je sens une sorte d’acharnement à vouloir envers et contre tout redémarrer notre vieux modèle, modèle qui nous a conduit à la claustration à domicile. Certes, il y a des voix qui s’élèvent pour demander un « reset » et mettre en place la transition énergétique et industrielle indispensable à la survie de notre planète déjà si abîmée. Mais ces voix prêchent dans le désert, elles ne sont pas assez nombreuses et n’ont pas le poids nécessaire à un changement en profondeur. 

Cela dit, j’ai passé une partie de la journée à me réjouir de fêter Pâques avec les voisins, c’est l’occasion de partager un bon repas dans la convivialité, les rires et la détente. Je ne veux pas parler pour les autres, mais moi j’en ai besoin. Vraiment. Courses, préparatifs, ne rien oublier si possible, faire du pain, sortir prendre l’air, retour sur l’ordinateur, quelques minutes sur Facebook, pas envie, toujours les mêmes infos ressassées et réécrites jusqu’à plus soif, je tourne en rond dans un univers qui lui ne tourne plus rond. Je regarde avec envie la minette qui est comme tous les animaux parfaitement imperméable à ce qui se passe. Madame mange trois croquettes, va s’étendre sur le paillasson de l’entrée, puis vient boire un peu d’eau, sort dormir au soleil un moment, revient manger le bout de gras qu’on lui a aimablement proposé, retourne boire un coup et file s’étendre nonchalamment dans son carton où elle soupire d’aise avant de piquer un roupillon. Si la réincarnation existe, je veux définitivement être un chat dans une nouvelle vie. 

Enfin, la grande satisfaction d’avoir trouvé une bonne recette pour faire le pain. Bon, c’est encore hésitant et en rodage, mais maintenant le pain n’a plus cette mine anémique qui le faisait ressembler à un (très) gros cachet d’aspirine. Et il est délicieux. J’attends encore un peu avant de me lancer dans des trucs un peu exotiques, genre farine de châtaigne. Il parait que c’est très bon, mais pas simple à faire. Des années que je rêvais de faire mon pain, et il aura fallu le confinement pour sauter le pas. Je voyais ça comme quelque chose de compliqué à réaliser, mais une fois qu’on a trouvé la bonne proportion farine(s)/eau, c’est que du plaisir et du bonheur. L’instant magique quand on sort le pain du four, tout doré, embaumant la maison au point que le voisin vient voir ce qui se passe, l’oeil gourmand. Et plaisir final, le couper en deux et en offrir la moitié. Une fois bien refroidi, le déguster avec un bon morceau de gruyère ramené de Suisse au début de l’année. Voilà, il suffisait de pas grand chose pour mettre de la lumière sur la fin de la journée. La soirée coule tranquillement, devant un feu de cheminée qui crépite agréablement dans l’âtre. 

Et ce sera tout pour aujourd’hui, à demain.

L’éclat de rire du jour, piqué à mon ami C.A. 

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